La guerre des ROSE
Un article de Wikimediation.
La guerre des ROSE est un film, une satire sur le divorce, impressionnante, fascinante et qui entraîne à la réflexion par la violence qui s’en dégage et par l’imagination des deux conjoints dans la cruauté.
Acteurs : le duo Michael Douglas et Kathleen Turner.
Synthèse présentée par Claude Pistre.
Synthèse vue avec l'oeil du médiateur
C’est la passion de l’art qui fait se rencontrer Olivier ROSE et Barbara. Très vite amoureux, ils s’unissent pour constituer un couple des plus traditionnels.
Tout sourit au couple : deux enfants sans histoire, un chat (le chouchou de Barbara) et un chien (le chouchou d’Olivier), un train de vie élevé, un statut social reconnu de tous, une très belle maison décorée magnifiquement et entièrement par Barbara.
Cette maison en réalité est acquise pour démontrer au couple et aussi à son entourage la réussite sociale et familiale des ROSE. Elle doit être le symbole du parfait bonheur, d’une vie bien réglée. Même le chat et le chien y vivent un bonheur commun.
Lorsque le couple décide de divorcer, par lassitude des vieux couples, aucun des deux ne veut renoncer à la maison ni la vendre. Chacun aime trop la maison et son contenu (porcelaines, statuettes…) pour concevoir de vivre ailleurs.
La maison va devenir le prétexte d’une violence extrême chez chacun à l’encontre de son conjoint. Même le chien et le chat, les imitant, en arrivent à se disputer la maison.
Au fil du temps, les vacheries cèdent la place aux insultes, aux bagarres physiques, à des actes de démolition matérielle (les porcelaines, les chaussures de Barbara…) au harcèlement moral, à des tentatives de meurtre.
Plutôt que de chercher une solution au conflit, solution pourtant apparente : la vente de la maison ou le partage, Barbara et Olivier, vont à tour de rôle démolir la maison et son contenu. L’objectif devient rapidement pour chacun : « avoir le dessus » sur l’autre.
Olivier s’enferme progressivement dans ce jeu et y trouve du plaisir d’autant plus que son épouse est plus forte que lui sur le plan physique (elle est une grande sportive) ; il a reçu des coups. C’est pour lui un nouveau terrain de combat.
Barbara entend rester la plus forte, se rendant compte que son mari n’a toujours été, pour elle, qu’un moyen lui permettant d’arriver à un statut social dont elle rêvait enfant, elle qui buvait chez ses parents dans des verres à moutarde. Elle cherche à se séparer de cet outil aujourd’hui encombrant.
La force du conflit est telle que chacun casse ce qu’il a adoré et ce qu’il adore encore (la maison et son contenu) pour gagner sur l’autre.
Les passions sont si fortes que tout devient cynique, violent, cruel.
Ces adultes qui, jusque là, savaient se conduire en adultes, sont-ils redevenus des enfants, incapables de gérer leurs émotions ? Sont-ils redevenus cet enfant qui, pour se venger des interdits de papa et maman, crève les yeux de son nounours qu’il adore et dont il ne veut surtout pas se séparer ?
Le spectateur aurait pu penser que la mort commune (ils chutent ensemble dans des conditions surprenantes) les aurait réunis. Il n’en est rien. Avant le souffle ultime, Barbara éloigne le bras d’Olivier pour garder le pouvoir, celui de mourir seule sans partager la mort avec son mari.
Il est bien loin l’esprit de la médiation :
- ne pas porter des jugements de valeur – dans le film tout est qualificatifs déshonorants
- ne pas prêter des intentions à l’autre : dans le film tout est anticiper les mauvais coups de l’autre pour les contrer
- ne pas contraindre : pour chacun l’objectif devient ne pas céder et faire céder l’autre, coûte que coûte, quitte à en mourir.
Quelles souffrances ! Quel gâchis !
